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L’homme dès son apparition inventa par nécessité des armes ; en bois, en pierre, puis en métal. Elles servaient à chasser pour survivre, à se défendre des animaux, à régler des querelles, à mener des combats contre d’autres tribus ou peuplades.

Pendant longtemps la force physique brute fut privilégiée.
Puis, les armes se perfectionnant, les méthodes de combat évoluèrent on découvrit les avantages de l’adresse, de la science, et de la ruse sur la force.
De ce fait, l’étude du maniement des armes prit une place importante dans tous les pays.

Une des plus des vieilles représentations d’escrime est, paradoxalement, assez proche de notre pratique actuelle. Il s’agit d’une compétition organisée par Ramsès III pour célébrer sa victoire sur les Lybiens. On peut voir les combattants s’affronter avec des armes « mouchetées », et protégés par des masques, dans une compétition publique arbitrée par quatre juges et un arbitre. Les adversaires utilisent des termes comme « en garde ».

Homère chante l’hoplomakhia organisée durant les jeux funéraires de Patrocle qui opposent Ajax à Diomède, dans l’Iliade. La discipline fera d’ailleurs partie des premiers jeux olympiques.

Les Romains se passionneront plus tard pour les combats de gladiateurs. A l’origine le gladiateur combat avec un glaive (gladius). La multiplication des types de gladiateurs (provocator, secutor, mirmillon, etc… ) donnera le jour à de nombreuses techniques.

Parallèlement se développe l’escrime militaire, « l’armatura » avec ses maîtres d’armes les « doctores armarum ».
Les tournois du Moyen-Age voient l’utilisation de l’épée « courtoise » (émoussée) comme arme de combat à pied une fois les chevaliers désarçonnés, Au XIVe siècle apparaît l’épée à deux mains. Elle est lourde et longue afin de briser les membres à travers les cuirasses. Il faut supprimer l’adversaire par tous les moyens et tous les coups sont permis. Les combattants utilisent toutes les parties de l’arme pour frapper ou déséquilibrer l’adversaire.

Les premiers traités d’escrime voient le jour et abordent le combat avec toutes sortes d’armes, de l’épée à la hache, en passant par les lourdes masses.
Le duel judiciaire fait son apparition. On règle ainsi de façon expéditive, les différents juridiques : les deux parties s’affrontent en public dans un champ clos après que le plaignant ait jeté un gant de façon rituelle. Cette pratique fut abandonnée avec le renforcement du pouvoir royal.
Il semble que l’escrime moderne ait eu son point de départ en Espagne au XVIe siècle qui voit l’apparition dans la ville de Tolède de « l’espada ropera » : une arme plus légère que l’on porte avec ses vêtements (en espagnol « ropa ») par opposition à l’épée que l’on porte avec une armure. Elle deviendra la rapière : une arme vite adoptée dans toute l’Europe.

Les maîtres italiens développent le combat avec une épée et une dague servant tant à la défense qu’à l’attaque de près. Ce sont eux qui publient les premiers traités théoriques.

Après les campagnes d’Italie, les Français se passionnent pour la Renaissance italienne. Les écoles d’armes Italiennes sont fleurissantes et la technique des maîtres Italiens est enseignée à la noblesse française et européenne. L’école française nait officiellement quand Charles IX autorise « les maîtres joueurs et escrimeurs d’espées » à se réunir en communautés.

Les privilèges obtenus furent confirmés par Henri III, Henri IV, Louis XIII et même étendus sous Louis XIV.


Au XVIIe siècle, le fleuret apparaît en Italie. C’est une arme inoffensive plus courte que la rapière avec une lame de section rectangulaire terminée par un bouton comme une fleur. Il permet de simuler un duel sans risque de blessure. Cette époque se caractérise par une pratique plus élégante, codifiée, avec les saluts et révérences, les belles armes sont à l’honneur. Mais c’est aussi le temps de sanglants duels qui, malgré les interdits royaux, vont perdurer jusqu’à la révolution et décimer une partie de la noblesse. Cependant au XVIIIe siècle les maîtres d’armes Français développent des techniques propres au fleuret, notamment avec la parade – riposte en deux temps qui se démarque de la tradition italienne. L’escrime est alors un jeu subtil, avec des codes stricts, qu’on ne vient plus apprendre dans la seule intention de combattre « sur le pré ».

Fin XIXe, l’escrime devient un sport.

Plusieurs associations sont créées comme la Société d’Encouragement de l’Escrime ou l’Académie d’Armes. Des règles sont établies et des compétitions organisées.

La salle d’arme sera le lieu de rendez-vous des Dumas, Gauthier, Feyal : les maîtres du roman de cape et d’épée. Le genre lancé par Théophile Gauthier par le roman de « Mademoiselle de Maupin » sera en vogue durant tout le XIXe siècle.


Le sport se développe en Europe, Espagne, Italie et France en ce qui concerne le fleuret et l’épée – alors que les Hongrois, brillants cavaliers, deviennent des maitres incontestés du sabre. L’escrime figure aux premiers Jeux Olympiques modernes en 1896 (comme premier jeux en 776 av JC) et les Français en définissent les nouvelles règles.


La Fédération Française d’Escrime est créée en 1906 par Emile Bruneau de Laborie. La Fédération Internationale d’Escrime voit le jour à Paris, en 1913.

Les techniques évoluent encore avec notamment l’apparition des armes électriques (l’épée en 1936, le fleuret en 1955 puis le sabre en 1989) ; cette innovation étant nécessaire pour arbitrer un sport extrêmement rapide, fulgurant même.

Aujourd’hui, l’escrime est pratiquée de façon quasi universelle, par des femmes, des hommes et des enfants de plus de cent pays et demeure dans l’imaginaire de l’humanité une figure singulière porteuse de valeurs.

 

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